mar. Juin 9th, 2026

L’invisible douleur : 79% des françaises ont souffert de douleurs intimes au cours de leur vie

À l’occasion de la Journée mondiale du bien-être, célébrée le 9 juin, INTIMINA, la marque suédoise qui offre, depuis presque 20 ans, un éventail complet de produits destinés au bien-être intime des femmes, dévoile les résultats d’une enquête inédite sur les douleurs sexuelles féminines et leur impact sur la vie des Françaises : une réalité massive, encore trop souvent tue.

UNE PRÉVALENCE EN HAUSSE ALARMANTE DEPUIS 1992

En 2026, 67% des Françaises déclarent avoir déjà eu des rapports sexuels douloureux au cours de leur vie, contre 48% en 1992, soit une progression de 19 points en 34 ans. Plus largement, 79% des femmes interrogées ont souffert d’au moins une forme de douleur intime, lors de rapports sexuels, d’examens gynécologiques ou de l’utilisation de protections internes.

Dans le détail, 66% ont vécu des rapports sexuels douloureux, 64% ont ressenti des douleurs ou un inconfort lors d’examens gynécologiques (frottis, pose de stérilet, etc.), et 55% ont souffert lors de l’insertion d’un tampon ou d’une coupe menstruelle. Parmi les femmes sexuellement actives avec pénétration vaginale au cours des 12 derniers mois, 83% ont déjà souffert de rapports sexuels douloureux, et 99% de celles ayant eu des douleurs lors de leur dernier rapport sexuel sont concernées.

Ces chiffres varient selon les générations : si les Millennials affichent la prévalence la plus élevée de douleurs globales (82%), les femmes de 50 à 59 ans constituent le profil le plus touché toutes catégories confondues, avec 86% de prévalence. La GenZ, elle, enregistre les taux les plus élevés de vaginisme (13%) et de dyspareunies (7%), signaux préoccupants d’une souffrance qui commence plus tôt.

 

VAGINISME*,  DYSPAREUNIES*,  DOULEURS  VULVAIRES  (VULVODYNIE*)  :  DES PATHOLOGIES ENCORE SOUS-DIAGNOSTIQUÉES

Parmi l’ensemble des femmes interrogées, 16% déclarent avoir souffert de douleurs vulvaires au cours de leur vie, 9% de vaginisme, 4% de dyspareunies et 2% de vulvodynie. Ces chiffres, déjà significatifs, doivent être lus à l’aune d’une méconnaissance médicale persistante : seules 58% des femmes connaissent le terme « vaginisme », 61% celui de « douleurs vulvaires », 19% celui de « vulvodynie » et 18% celui de « dyspareunies ». On ne consulte pas pour ce qu’on ne sait pas nommer.

 

61% ONT ACCEPTÉ UNE PÉNÉTRATION VAGINALE MALGRÉ LA DOULEUR

Parmi les femmes ayant souffert de rapports sexuels douloureux, 61% déclarent avoir déjà accepté une pénétration vaginale malgré la douleur ressentie : 8% souvent, 28% parfois, 25% rarement. Seules 39% ne l’ont jamais fait.

Ce phénomène touche toutes les générations, avec un pic chez les 30-39 ans (70%) et les femmes de moins de 30 ans (63%). Il est particulièrement marqué chez les femmes souffrant actuellement de vaginisme : 89% d’entre elles ont accepté la pénétration malgré la douleur, dont 31% souvent. Parmi les femmes souffrant de douleurs vulvaires, ce taux atteint 89% également.

 

57% PERÇOIVENT UNE PRESSION SOCIALE À ACCEPTER DES RAPPORTS SEXUELS DOULOUREUX

57% des Françaises ont le sentiment qu’il existe une pression sociale ou une norme culturelle qui pousse les femmes à accepter des relations sexuelles avec pénétration vaginale malgré la douleur – 18% en sont tout à fait convaincues, 39% plutôt convaincues. Cette perception est plus forte chez les jeunes générations : 65% chez la GenZ, 64% chez les Millennials, 57% chez la Gen X, 48% chez les Boomeuses.

Le progressisme joue également un rôle : 84% des femmes se définissant comme très progressistes perçoivent cette pression, contre 43% des très conservatrices. Et parmi les femmes ayant accepté la pénétration malgré la douleur souvent, 88% ont le sentiment que cette pression sociale existe.

 

DES CONSÉQUENCES LOURDES SUR LA VIE INTIME, AFFECTIVE ET PSYCHOLOGIQUE

Les répercussions des douleurs sexuelles sur la vie des femmes sont profondes et multidimensionnelles. Parmi celles ayant souffert de douleurs lors de la pénétration vaginale :

  • 58% ont déjà évité une relation sexuelle en raison de ces douleurs (87% parmi les femmes souffrant de vaginisme),
  • 56% ont perdu leur plaisir sexuel,
  • 50% ont perdu leur libido ou désir sexuel,
  • 46% ont été anxieuses à la perspective de relations sexuelles (83% chez les femmes souffrant de vaginisme),
  • 41% ont opté pour des relations sexuelles sans pénétration vaginale,
  • 28% ont subi une baisse de leur estime personnelle, un chiffre qui monte à 41% chez la GenZ,
  • 15% ont hésité ou renoncé à avoir des enfants, et 13% ont mis fin à une relation

 

Face à ces douleurs, 60% ont eu recours à des rapports sans pénétration (caresses, masturbation mutuelle), 58% à des pratiques bucco-génitales, 23% à des sextoys hors pénétration vaginale, 22% à la pénétration anale et 11% au sexe tantrique.

 

UNE PAROLE QUI SE LIBÈRE, MAIS UN ACCÈS AUX SOINS QUI RESTE INSUFFISANT

74% des femmes ayant souffert de douleurs lors de rapports sexuels en ont parlé à au moins un interlocuteur : 69% à leur(s) partenaire(s) sexuel(s) (dont 51% ont toujours été comprises, 18% pas toujours), 44% à un professionnel de santé spécialisé (gynécologue, sage-femme), 19% à leur médecin généraliste. 26% n’en ont jamais parlé à personne.

La communication avec le partenaire est significativement plus élevée chez la GenZ (81%) que chez les Boomeuses (55%), signe d’une évolution générationnelle dans la capacité à nommer et partager ces expériences.

Du côté du parcours médical, seulement 39% des femmes concernées ont consulté un professionnel de santé spécifiquement pour leurs douleurs vaginales au cours de leur vie (13% dans les 12 derniers mois). 22% ont au contraire évité ou repoussé un examen médical, un taux qui grimpe à 65% parmi les femmes souffrant actuellement de vaginisme.

Parmi celles n’ayant pas consulté, les raisons invoquées révèlent l’ampleur des obstacles : 53% pensaient que les douleurs allaient passer, 36% les considéraient comme normales, 22% avaient honte ou se sentaient gênées d’en parler (35% chez la GenZ, 36% chez les Millennials), 20% ne savaient pas vers quel professionnel se tourner, 18% avaient peur de ne pas être prises au sérieux (30% chez les Millennials), et 17% étaient freinées par le coût des consultations (34% chez la GenZ).

 

50% DES FRANÇAISES IGNORENT QU’IL EXISTE DES SOLUTIONS

La donnée peut-être la plus alarmante de cette étude : 50% des Françaises ne savent pas qu’il existe des solutions de rééducation périnéale ou des thérapies spécialisées pour traiter les douleurs intimes telles que le vaginisme et les dyspareunies. Seules 13% en connaissent l’existence et le fonctionnement, 37% en ont entendu parler sans en savoir plus. Cette méconnaissance est particulièrement présente parmi les femmes les moins diplômées (61% sans diplôme / CEP / BEPC), les plus conservatrices (61%) et les femmes rurales (54%). 63% des femmes qui acceptent souvent la pénétration vaginale malgré la douleur ignoraient l’existence de ces solutions, démontrant le lien direct entre déficit d’information et persistance de la souffrance.

 

Laure Senemaud Carriquiry, sexologue et porte-parole pour INTIMINA en France commente :

 » Cette étude met enfin en lumière la souffrance vécue par de nombreuses femmes dans leur vie sexuelle »

Il en ressort en plusieurs problématiques, la première est celle de la verbalisation de la douleur et celle de sa banalisation, phénomènes probablement liés à un vrai manque d’éducation à la sexualité dans notre pays. La loi sur l’EVARS existe depuis 2001 et est encore trop peu appliquée. Connaître son corps, son anatomie intime, savoir nommer et comprendre la physiologie de la réponse sexuelle augmente la satisfaction sexuelle. Le tabou autour de la vie intime, affective et sexuelle doit tomber !

La deuxième problématique est celle de la norme autour des relations sexuelles. En effet aujourd’hui, pour la majorité des personnes, la sexualité est essentiellement pénétrative avec peu d’exploration non pénétrative. Cela est dû encore une fois au manque d’éducation mais aussi à la représentation qui est fait de la sexualité notamment dans la pornographie dont on sait qu’elle est très largement consommée par la population.

La troisième problématique qui ressort de cette étude est à la fois le manque de communication entre les professionnels qui prennent soin des femmes et probablement leur manque de formation concernant ces pathologies douloureuses pelvi-périnéales. La douleur pelvi-périnéale lors de relations sexuelles peut apparaître pour les femmes comme honteuse voire normale, il est donc difficile d’en parler. C’est pourquoi il est nécessaire que les professionnels de santé abordent la santé sexuelle de façon systématique comme ils le font avec les autres aspects de la santé ! Pourquoi est-on capable de dire qu’on a mal à la gorge et pourquoi est-il plus difficile de dire qu’on a mal à la vulve ? Il faut démocratiser la santé sexuelle et faire en sorte qu’elle soit abordée dans toutes les consultations médicales afin d’ouvrir la parole des femmes et de pouvoir effectivement les prendre en charge parce que toutes ces pathologies se soignent très bien.

Il est toujours anormal d’avoir mal lors d’une relation sexuelle, il faut donc oser consulter et changer de professionnel·le si l’on ne se sent pas écoutée.

Rappelons qu’une bonne santé sexuelle participe à une bonne santé tout court ! »

LEXIQUE

  • Dyspareunie : douleur génitale persistante ou récurrente ressentie pendant et/ou après les rapports
  • * Vaginisme : contractions réflexes ou involontaires et répétées des muscles pelviens rendant toute pénétration impossible ou * Vulvodynie : douleur persistante de la vulve, de plus de 3 mois sans cause identifiable

 

À propos d’INTIMINA : INTIMINA est une marque suédoise créée en 2009, qui offre un éventail complet de produits destinés au bien-être intime des femmes. Grâce à ses trois gammes – hygiène menstruelle, renforcement du plancher pelvien et bien-être féminin ; chez INTIMINA, il y en a pour tous les âges. Chacun d’eux est fabriqué à partir de matériaux sûrs pour le corps de la plus haute qualité, après avoir été conçu et testé en collaboration avec un groupe international de consultants médicaux et de gynécologues. Plus d’informations sur www.intimina.com

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