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Ménopause : pourquoi certains symptômes restent encore si difficiles à évoquer

La ménopause est devenue un sujet beaucoup plus visible ces dernières années. On en parle dans les médias, sur les réseaux sociaux, dans les entreprises et jusque dans les cabinets médicaux. Pourtant, cette nouvelle liberté de parole ne concerne pas nécessairement tous les aspects de cette période de la vie.

Certains symptômes restent encore difficiles à nommer. C’est notamment le cas de ceux qui concernent la vulve, le vagin et les voies urinaires.

À l’occasion de la Journée mondiale de la ménopause, le 18 octobre, la marque de santé intime INTIMINA et la Dre Susanna Unsworth, médecin spécialisée dans la santé des femmes, mettent en lumière un phénomène encore largement méconnu : le syndrome génito-urinaire de la ménopause.

La ménopause ne se résume pas aux bouffées de chaleur

Lorsqu’on évoque la ménopause, certaines manifestations viennent immédiatement à l’esprit : bouffées de chaleur, sueurs nocturnes, troubles du sommeil, fatigue ou encore « brouillard mental ».

Les transformations physiques qui touchent la sphère intime sont beaucoup moins présentes dans les conversations.

Le syndrome génito-urinaire de la ménopause correspond aux changements qui peuvent apparaître lorsque la production d’œstrogènes diminue. Les tissus de la vulve, du vagin et des voies urinaires dépendent notamment de cette hormone pour conserver leur élasticité, leur lubrification et leur équilibre naturel.

Lorsque les taux d’œstrogènes diminuent, ces tissus peuvent devenir plus fins, plus secs et moins élastiques. Cela peut entraîner une sécheresse, des irritations, des brûlures ou des douleurs, mais également une gêne lors des rapports sexuels. Des symptômes urinaires peuvent aussi apparaître, comme des envies plus fréquentes ou plus pressantes d’uriner ou des infections urinaires récurrentes.

Autrement dit, la ménopause peut modifier profondément le confort intime et urinaire, même lorsque les symptômes les plus connus ne sont pas particulièrement présents.

Quand le silence devient un problème de santé

Le plus surprenant est peut-être que ces symptômes restent encore largement sous-déclarés.

Selon les résultats du sondage European REVIVE cités par INTIMINA, 40 % des femmes présentant des symptômes du syndrome génito-urinaire n’en ont jamais parlé à un professionnel de santé. Et parmi celles qui ont abordé le sujet, seules 10,3 % indiquent que leur médecin a pris l’initiative d’en parler.

La principale raison invoquée est révélatrice : certaines femmes pensent simplement que ces changements sont une conséquence normale du vieillissement.

Cette idée peut pourtant conduire à laisser s’installer un inconfort qui pourrait être pris en charge.

La difficulté tient aussi au caractère très intime des symptômes. Parler de sécheresse vaginale, de douleurs pendant les rapports, de baisse de sensibilité, de libido ou de fuites urinaires n’est pas nécessairement facile, même dans le cadre médical.

Le tabou ne disparaît donc pas simplement parce que le mot « ménopause » est désormais davantage accepté dans l’espace public.

Des symptômes qui peuvent passer inaperçus

Le syndrome génito-urinaire ne se manifeste pas de la même façon chez toutes les femmes.

Certaines ressentent principalement une sécheresse ou des irritations. D’autres peuvent constater une diminution de la lubrification naturelle, une gêne ou des douleurs pendant les rapports, voire une modification de leur sensibilité.

Les manifestations urinaires sont également importantes : envies fréquentes ou urgentes d’uriner, douleurs lors de la miction, fuites ou infections urinaires récurrentes.

Le plancher pelvien peut lui aussi être concerné. Les fuites urinaires et le prolapsus des organes pelviens sont fréquents avec l’âge, mais peuvent également être associés au syndrome génito-urinaire de la ménopause.

Cette diversité explique peut-être en partie pourquoi le phénomène reste difficile à identifier. Il n’existe pas un seul symptôme caractéristique permettant immédiatement de mettre un nom sur ce que l’on ressent.

Et ce phénomène ne concerne pas uniquement les femmes ménopausées

Autre idée reçue à nuancer : le syndrome génito-urinaire n’est pas exclusivement lié à l’âge.

La Dre Susanna Unsworth rappelle qu’une baisse du niveau d’œstrogènes peut provoquer des changements similaires à différents moments de la vie. L’allaitement, certains contraceptifs hormonaux ou encore certains traitements médicaux susceptibles de bloquer la production d’hormones peuvent notamment avoir des effets comparables sur les tissus concernés.

La question est donc moins celle de l’âge que celle des modifications hormonales auxquelles le corps est confronté.

Des solutions existent, mais encore faut-il en parler

L’autre enjeu soulevé par cette question est celui de l’accès à l’information.

Lorsque les symptômes sont considérés comme inévitables, les femmes peuvent avoir tendance à les subir plutôt qu’à chercher une solution. Pourtant, plusieurs approches existent et peuvent être adaptées aux situations individuelles.

Des soins non hormonaux peuvent notamment contribuer à réduire la sécheresse et les irritations. Les hydratants vaginaux sont destinés à un usage régulier, tandis que les lubrifiants peuvent être utilisés lors des rapports sexuels afin de limiter les frottements et l’inconfort.

Dans certaines situations, un traitement local aux œstrogènes peut également être envisagé. Il existe sous différentes formes et peut contribuer à améliorer la santé des tissus vulvaires et vaginaux ainsi que certains symptômes urinaires.

D’autres traitements existent également, notamment la thérapie hormonale de remplacement pour certaines femmes présentant plusieurs symptômes de la ménopause, ou encore certains traitements sur prescription.

Le choix dépend évidemment de chaque situation et doit être discuté avec un professionnel de santé.

Sortir de l’idée qu’il faut simplement « faire avec »

Il y a finalement un changement de regard à opérer.

Pendant longtemps, de nombreux désagréments associés à l’âge ou à la maternité ont été considérés comme des choses que les femmes devaient simplement accepter. Les douleurs pendant les rapports, les fuites urinaires ou la sécheresse intime pouvaient ainsi être vécues comme une conséquence inévitable du temps qui passe.

Or, mieux connaître son corps permet aussi de savoir quand un symptôme mérite d’être évoqué.

La Journée mondiale de la ménopause, organisée chaque année le 18 octobre, participe justement à cette évolution en cherchant à améliorer l’information et la prise en charge autour de la santé des femmes à cette période de la vie. En 2026, l’International Menopause Society consacre d’ailleurs sa campagne aux douleurs chroniques à la période de la périménopause et de la ménopause, signe que les enjeux liés à cette étape de la vie dépassent largement les seuls symptômes traditionnellement associés à la ménopause.

Le véritable enjeu est peut-être là : ne plus considérer l’inconfort comme une fatalité simplement parce qu’il survient à un certain âge.

Parler de ménopause, ce n’est pas seulement parler de bouffées de chaleur ou de changements hormonaux. C’est aussi accepter d’aborder des sujets plus intimes, parfois embarrassants, mais qui peuvent avoir une influence réelle sur le confort, la sexualité, la santé urinaire et, plus largement, la qualité de vie.

Et parfois, le premier pas consiste simplement à mettre un mot sur ce que l’on ressent.

Lydia Marthez

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