L’automobile est souvent montrée du doigt pour son impact environnemental. Et pour cause : extraction des matières premières, fabrication, transport, consommation d’énergie, fin de vie… une voiture concentre de nombreux enjeux écologiques.
Mais le secteur évolue. Face à l’urgence climatique et à la raréfaction des ressources, certains constructeurs ne se contentent plus de développer des modèles électriques. Ils repensent progressivement l’ensemble du cycle de vie de leurs véhicules, de leur conception jusqu’à leur recyclage.
Matériaux recyclés, pièces reconditionnées, batteries réutilisées, usines moins gourmandes en ressources ou encore véhicules conçus pour être démontés plus facilement : voici quatre constructeurs qui explorent particulièrement activement les principes de l’économie circulaire.
Parmi les constructeurs les plus avancés sur le terrain de l’économie circulaire, Renault occupe une place particulière.
Le groupe travaille sur l’ensemble du cycle de vie de ses véhicules : éco-conception, utilisation de matériaux recyclés, réparation, réemploi des pièces, reconditionnement et recyclage des véhicules en fin de vie.
Les chiffres sont particulièrement parlants : Renault indique que ses véhicules sont recyclables à 85 à 90 % et valorisables à plus de 95 % en fin de vie. Le constructeur collecte également depuis 15 ans les batteries lithium-ion de ses véhicules afin de les recycler ou de leur donner une seconde vie.
Cette logique se retrouve jusque dans les nouveaux modèles. Le Renault Scenic E-Tech électrique intègre ainsi 27 % de matériaux issus de l’économie circulaire, tandis que la Renault 5 E-Tech électrique utilise notamment des plastiques et textiles recyclés.
Mais l’initiative la plus emblématique reste probablement la Refactory de Flins, présentée par Renault comme la première usine d’économie circulaire de la mobilité en Europe. Le site travaille notamment sur la réparation, le reconditionnement, le démantèlement et le recyclage des véhicules.
L’idée est finalement de changer complètement de perspective : une voiture arrivée en fin de vie n’est plus seulement un véhicule à mettre au rebut, mais un ensemble de pièces et de matériaux pouvant redevenir des ressources.
Chez BMW, l’approche est davantage intégrée dès la conception du véhicule.
Le constructeur allemand développe une stratégie baptisée « Design for Circularity », qui consiste notamment à privilégier les matériaux secondaires, à réduire la diversité des matériaux utilisés et à concevoir les véhicules afin qu’ils puissent être plus facilement démontés et recyclés.
BMW s’est également fixé l’objectif de réduire ses émissions de CO₂e de 90 % d’ici 2050 par rapport à 2019, en travaillant sur l’ensemble de sa chaîne de valeur.
La question des batteries constitue un autre axe important. Depuis fin 2024, le groupe met progressivement en place une boucle de recyclage permettant de récupérer le cobalt, le nickel et le lithium contenus dans les batteries haute tension usagées, afin de réintroduire ces matières premières secondaires dans la fabrication de nouvelles batteries.
Cette philosophie se retrouve jusque dans les matériaux utilisés dans les véhicules. La BMW i5, par exemple, intègre environ 21 % de matières premières secondaires, selon les données communiquées par le constructeur lors du lancement de sa production.
BMW cherche ainsi à faire évoluer le modèle traditionnel « extraire, fabriquer, utiliser, jeter » vers un modèle dans lequel les matériaux restent le plus longtemps possible dans le circuit de production.
Chez Volvo Cars, l’économie circulaire est également devenue un axe majeur de la stratégie environnementale.
Le constructeur ambitionne de devenir une entreprise circulaire à l’horizon 2040, avec une volonté de réduire son recours aux ressources vierges, d’augmenter la part de matériaux recyclés et de développer davantage le réemploi et le reconditionnement des pièces.
L’un des aspects les plus intéressants de cette démarche concerne justement les pièces automobiles. Volvo remanufacture aujourd’hui plusieurs dizaines de familles de composants, notamment des moteurs, boîtes de vitesses, turbocompresseurs et embrayages.
Le constructeur estime que les pièces remanufacturées nécessitent environ 85 % de matières premières en moins et 80 % d’énergie en moins que la production de pièces neuves. En 2022, le reconditionnement de plus de 33 000 pièces aurait ainsi permis d’éviter plus de 4 800 tonnes de CO₂.
Volvo travaille également sur les déchets de production : 94 % de ses déchets industriels mondiaux étaient recyclés en 2022, avec un objectif de porter la part des déchets réutilisés ou recyclés à 99 % d’ici 2030.
Une démarche qui rappelle qu’une automobile plus écologique ne passe pas uniquement par son moteur : faire durer les composants, réparer et réutiliser plutôt que produire systématiquement du neuf peut également avoir un impact considérable.
Toyota travaille depuis plusieurs années sur la question du recyclage et de la gestion des ressources. Le constructeur a notamment intégré la circularité dans sa stratégie environnementale mondiale et a renforcé cette approche avec son Circular Economy Challenge.
L’objectif est de réduire l’utilisation des ressources, prolonger la durée de vie des produits et éviter autant que possible la production de déchets.
Toyota s’intéresse notamment à la fin de vie des véhicules. Les voitures hors d’usage sont conçues pour permettre la récupération et le recyclage de nombreuses pièces et matières : métaux, batteries, composants mécaniques ou encore différents matériaux pouvant être réutilisés.
Le constructeur s’appuie également sur un réseau européen de centres de collecte et de traitement afin d’assurer une prise en charge responsable des véhicules arrivés en fin de vie.
Mais la démarche dépasse le simple recyclage. Toyota travaille sur les trois grands axes de l’économie circulaire : réduire les ressources utilisées, prolonger la durée d’utilisation et récupérer les matériaux afin de les réintroduire dans les cycles de production.
Cette approche est particulièrement importante dans un contexte où l’électrification de l’automobile fait émerger de nouveaux enjeux autour des batteries et des matières premières nécessaires à leur fabrication.
Ces quatre constructeurs montrent que la transition écologique de l’automobile ne se résume pas au remplacement du moteur thermique par un moteur électrique.
Une voiture électrique nécessite elle aussi des matières premières, de l’énergie et des infrastructures. La question devient donc progressivement : comment fabriquer des voitures en consommant moins de ressources et comment éviter que leurs composants deviennent des déchets ?
C’est tout l’enjeu de l’économie circulaire.
Réutiliser une pièce plutôt que la fabriquer à nouveau. Employer de l’aluminium ou du plastique recyclé plutôt qu’une matière première vierge. Concevoir une batterie pour pouvoir récupérer ses matériaux. Imaginer dès la conception comment un véhicule pourra être démonté plusieurs décennies plus tard.
Ces démarches ne rendent évidemment pas l’automobile « propre » par magie et les constructeurs ont encore de nombreux défis à relever. Mais elles témoignent d’une évolution importante : la voiture de demain devra non seulement moins polluer lorsqu’elle roule, mais aussi consommer moins de ressources avant sa mise sur la route et générer moins de déchets lorsqu’elle arrive en fin de vie.
Et sur ce terrain, l’industrie automobile commence progressivement à passer d’une logique de production à une logique de cycle de vie.
Il y a les grands événements que tout le monde connaît, ceux qui remplissent les agendas et les affiches. Et…
Il fut un temps où percer dans la musique passait presque obligatoirement par une maison de disques, un manager, des…
Il y a le Sud de la France que l'on imagine : le bleu de la Méditerranée, les villages de…
Des couleurs éclatantes, des références à la culture populaire, des personnages immédiatement reconnaissables, des slogans, des détournements et parfois une…
Longtemps cantonné aux campagnes du 8 mars, l'engagement des marques en faveur des femmes s'inscrit désormais dans des démarches beaucoup…
À l'occasion d'Automechanika (Francfort, 8-12 septembre 2026), le rendez-vous mondial de l'après-vente automobile, The Future is NEUTRAL présentera son modèle…